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De l'intérêt d'insérer / renforcer la classe d'actifs des minières aurifères dans votre assurance-vie

Réservé aux investisseurs avertis et actifs. Ici, on traite d'une thématique à risque important de perte en capital, en contrepartie d'un potentiel de performance très élevé.

Après une sévère correction, de près de 30 % par rapport aux points hauts atteints cette année, la classe d’actifs des minières aurifères commence à revenir sur des prix réellement attractifs.

La correction a été très forte, notamment suite à l’annonce de la FED d’un probable triple relèvement de taux en 2017. Le dollar s’est fortement renforcé, entraînant l’or dans les abîmes. En effet, le US dollar et l’or sont deux actifs « négativement corrélés », ils évoluent donc en principe en sens inverse. Les minières aurifères ont subi des pertes de l’ordre de 10 % en un seul jour jeudi 15/12/2016.

Lors de notre article publié cet été http://www.thinkcgp.com/blog/que-penser-des-minieres-auriferes nous avions souligné l’intérêt de la classe d’actifs, tout en vous recommandant d’être particulièrement vigilant suite au rally du 1er semestre.

Depuis les premières corrections d’octobre, et la foi retrouvée des marchés dans la parole des banquiers centraux, il semblait intelligent d’aborder une stratégie d’allégement progressif sur vos actifs les plus à risques (fonds actions et obligations haut rendement), pour prendre progressivement vos gains, et réinvestir les produits de cession dans la classe d’actif des minières aurifères redevenue attractive. C’est ce que nous vous avons conseillé ici : http://www.thinkcgp.com/blog/point-de-vue-tactique-court-terme-pour-vos-allocations-d-actif

Avec le tout dernier rally et des indices au sommet, des seuils de résistance majeurs se profilent sur les indices boursiers. On aligne les records, sans correction. Les PE sont stratosphériques (PE de Schiller à 27, un niveau jamais vu, sinon en 1929, 2000 et 2007). Les taux se tendent, mais les marchés actions ne corrigent plus. La hausse des taux est devenue « bonne » pour les marchés, même si des différences importantes restent à faire selon les secteurs étudiés. Pourtant, l’un des gros arguments pour vous faire acheter des actions aura été pendant de longs mois la baisse continuelle des taux d’intérêts, et le coût attractif des actions en découlant.

La hausse des marchés pourrait tout à fait continuer encore un moment, mais si vous êtes dans une logique de gestion active « value » sur votre portefeuille, la question d’un repositionnement plus radical sur des fonds investis en minières aurifères s’ouvre totalement. Le « downside » sur la classe d’actifs semble tout à fait limité désormais, même si elle peut aller encore plus bas temporairement.

Quelques idées de fonds pouvant être intégrés dans vos contrats d’assurance-vie :

  • Bakersteel Precious Metal (celui-ci est très peu référencé dans la plupart des contrats d'assurance-vie, il s’agit pourtant du best performer, me contacter pour que je vous aiguille sur les moyens de l’insérer dans votre allocation d’actifs)
  • BGF World Gold Fund, dont une version couverte (avec la lettre H comme hedgée) contre dollar existe sur certains contrats d’assurance-vie (cela pourra être très intéressant dans un contexte de baisse du US dollar et de remontée de l’or).
  • Tocqueville Gold
  • R Mines d’Or
  • Share Gold

D’autres fonds minières existent et peuvent tout à fait être insérés dans vos allocations.

Au-delà des arguments de long terme en faveur des minières aurifères cités ici, quels sont les derniers éléments en présence nous permettant d’escompter un potentiel de performance important pour les minières aurifères ?

Regardons la « big picture » et revenons en arrière :

En 2009, quand les banques centrales ont amené les taux en direction de zéro, la chasse au rendement a été ouverte, et les conséquences en découlant ont été une compression des primes de risques sur les actifs risqués (crédit et actions). Les actifs risqués étaient pourtant corrélés avec le niveau fondamental d’incertitude politique, toutefois la chasse au rendement et les injections monétaires des banques centrales ont maintenu les écarts de taux à des niveaux bas, et les actions à des niveaux élevés.

Plus récemment, cependant, les écarts de taux et les valorisations des marchés actions sont devenus complètement déconnectés de l’incertitude politique. C’est frappant, notamment lorsqu’on garde en tête le nombre significatif d’évènements potentiellement synonymes d’incertitudes en 2017 (notamment en matière de politique fiscale et monétaire).

Parallèlement à ces mouvements de marché, la poursuite durable d’un renforcement du dollar semble insoutenable.

La réaction des marchés aux annonces de la FED montre une fois de plus que les investisseurs restent captivés par les manœuvres des banquiers centraux. Le rebond des taux et le renforcement du dollar US dans les heures qui ont suivi le discours de Janet Yellen en attestent. Après des années d’argent gratuit et de taux zéro, les marchés financiers sont devenus tributaires de la « FED Forward Guidance », au point d’analyser mot par mot les discours de la femme la plus puissante du monde.

Pour les investisseurs « value », c’est-à-dire ceux s’attachant à acheter des actifs à prix décotés, la forte hausse des taux que nous avons connue et le renforcement du dollar laissent apparaître des opportunités intéressantes. La relation inverse entre les rendements réels et les prix de l’or est tout à fait documentée, et dans les mois qui viennent de s’écouler, cette relation s’est pleinement vérifiée. Après avoir fait l’objet d’un sentiment de marché positif fin 2015 et au premier semestre 2016, l’or a été très vendu dans les tous derniers mois en raison des rendements réels qui ont bondi dans l’anticipation d’une hausse des taux d’intérêts de la FED.

Il semblerait que de nombreux investisseurs se soient détournés du secteur de l’or dans l’expectative de la réunion de décembre de la Réserve Fédérale US.

De nombreuses similarités avec la période de sur-performance de l’or ayant accompagné la précédente décision de la FED en décembre 2015 apparaissent. A l’époque, le cours du métal jaune a décliné fortement pendant et à l’approche de l’annonce, avant de connaître un rally de 200 $ pendant les trois mois ayant suivi la hausse de taux de 0.25 %.

La décision de remonter les taux a supprimé l’une des principales incertitudes concernant les cours de l’or. Il n’est pas du tout exclu que la confiance des investisseurs dans les secteurs liés au métal jaune revienne dans les prochains mois.

La situation économique actuelle est fondamentalement bonne pour les cours de l’or, en effet, les taux d’intérêts dans les marchés développés restent bas voire négatifs, la dette est à un niveau critique alors que les taux, en remontant, posent problème pour les créanciers, qui constatent souvent des pertes en capital massives en raison d’un effet de base de taux très faibles, démultipliant les pertes en capital, alors que les banquiers centraux accroissent désespérément leurs mesures pour influencer l’activité économique (cf. BCE et BOJ).

De plus, citons l’environnement géopolitique très incertain, avec un Brexit et une arrivée de Trump au pouvoir, qui pourrait alimenter la demande pour l’or en tant que valeur refuge en protection de la reprise de la volatilité dès l’année prochaine. Le VIX est à 12 au moment où nous écrivons ces lignes, ce qui constitue un plancher.

Au-delà de ces éléments, il ne fait aucun doute que la cherté du dollar US est insoutenable pour les USA et cause des dommages importants au reste de l’économie.

Se pose notamment le problème du resserrement des conditions financières, qui pose nécessairement problème à un grand nombre d’opérateurs de toutes sortes : banques européennes et asiatiques assurant une grosse partie de leur refinancement (le fameux funding) en dollars, pays émergents endettés en dollars (états et entreprises).

Un dollar cher pose également problème aux exportations américaines, tout en encourageant une forme de protectionnisme promise par Donald Trump. Un dollar fort est en totale contradiction avec l’objectif de Trump de rééquilibrer la balance commerciale US.

Pour le moment, les marchés accueillent Trump d’une manière triomphale.

Qu’en est-il du risque de déception, si l’on se rend compte qu’au-delà des données purement conjoncturelles, la croissance économique des Etats-Unis n’est pas si prometteuse qu’attendu ? Les indicateurs avancés de l’activité mondiale accélèrent, L’ISM américain du mois de novembre surprend par sa force, affichant un confortable 53,2. En Chine, les PMI progressent. Le moral du secteur manufacturier européen est au plus haut depuis deux ans selon l’agence d’information Markit. Ces bonnes nouvelles de court terme semblent désormais intégrées et digérées par le marché.

Avec un dollar au plus haut depuis 14 ans contre un panier de devises, tout le monde semble du même côté du bateau.

Fondamentalement, plusieurs causes complexes expliquent le phénomène de hausse du dollar :

  • Rapatriement des capitaux sur le sol américain suite à l’élection de Trump et de ses projets protectionnistes.
  • Anticipations de reprise de l’inflation.
  • Plus récemment, l'évolution annoncée de la politique monétaire de la FED.

A ce stade, les promesses de campagne de Trump ne restent que des promesses.

Imaginons qu’il réalise son plan de relance de 500 milliards d’euros et que le congrès républicain l’y autorise, ce qui est loin d’être certain pour le moment. Est-ce si évident que ce soit bon pour le dollar ?

Les marchés fonctionnent pour le moment sur la logique suivante :

  • Grands projets de relance budgétaire
  • Donc reprise de l’inflation
  • Donc hausse des taux
  • Donc renforcement du dollar

Dans ce scénario, les colossaux déficits américains vont s’accroître considérablement. La dette publique US a déjà été doublée sous Obama, mais soyons un peu fous, après tout certains pays sont endettés à 250 % de leur PIB (cf. Japon). Il conviendra de financer cet accroissement, soit par des hausses d’impôts (Trump a promis des baisses), soit par de la nouvelle dette. Dans la logique protectionniste de Trump, difficile de les faire financer par l’étranger. D’autant plus que les chinois liquident depuis plus d’un an leurs créances US, ce qui constituait déjà un changement fondamental du système financier contemporain.

On pourrait se tourner vers la FED, mais celle-ci est pourtant dans une position totalement inverse : elle tend à essayer de remonter ses taux (ce qui participe en ce moment au renforcement du dollar) et à limiter ses manœuvres d’assouplissement monétaire. D’autant plus que les anticipations d’inflation ont tendance à se réveiller, elle risque d’être contrainte à une remontée de taux. Se pose également la question du financement de la dette pré-existante dans un univers de remontée de taux. Le système financier global repose sur l’argent gratuit à taux zéro, une remontée de taux s’accompagne de nombreux effets pervers (financement de la dette publique, impact sur subprime auto et housing market, funding en dollars…).

L’équation semble compliquée, l’une des variables va devoir lâcher. Peut-être une moindre remontée du US dollar ? Peut-être des hausses de taux en nombre plus réduit sur 2017 par rapport à ce qu’a laissé entendre la FED ?

Autre scénario : s’il s’avère que Trump ne met pas en place ses grands projets faute de financement, aura-t-on le schéma inverse :

  • Baisse des anticipations d’inflation,
  • On garde les taux bas, la politique monétaire s’ajuste,
  • Et donc le dollar rebaisse ?

Tout est envisageable. Pourtant, un seul scénario semble « pricé » par le marché : un succès total des « Trumponomics », combiné à trois remontée de taux de la part de la FED en 2017. Si Janet l’a dit, le marché prend. Même si, en 2015, souvenons-nous, à l’issue de la première remontée de taux en fin d’année, le marché anticipait quatre hausses de taux pour 2016. Finalement, il n’y en aura eu qu’une.

Conclusion

On peut réfléchir énormément sur l’intérêt des minières aurifères, les arguments ne manquent pas pour se repositionner. Cependant, la vie des marchés font que, souvent, et c’est le cas ici, être contrariant peut se révéler dangereux. L’ensemble du marché semble croire aux mesures de relance budgétaires, et met de côté les problèmes que la hausse des taux engendre, en n’en retenant que les avantages. Se positionner sur les minières aujourd’hui constitue un pari certes de bon sens, mais hautement contrariant dans l’ambiance de marché actuelle. Le dosage dépendra de votre profil d’investisseur, de votre situation financière globale, de votre capacité à voir l’investissement dans une optique de long terme avec des phases de baisse qui peuvent être très difficiles à supporter.

Les marchés sont dans l’immédiateté, ils négligent le facteur temps. Miser sur le plan de relance de Trump et son programme politique pro-business est hasardeux, lointain, les effets s’en feraient ressentir d’ici 12 à 18 mois. D’ici là, des évènements vont nécessairement avoir lieu, dans le contexte de durcissement des conditions financières couplé à la montagne de dette sur laquelle se base le système financier. Aller dans le sens des marchés est dangereux. En même temps, se positionner contre le marché en achetant des minières aurifères est dangereux également, étant donné la force du mouvement moutonnier (et vive le trading algorithmique !)

Rien n’est facile, et pour les investisseurs en quête de performance, il sera important plus que jamais de prendre des positions au bon moment, en « en gardant sous le pied » comme on aime le dire, pour renforcer progressivement ses allocations si d’aventure les positions prises initialement s’avèrent perdantes dans un premier temps.

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