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Update sur l'or et les minières aurifères

Le marché de l’or a consolidé en septembre. Néanmoins, l’accumulation d’or physique s’est poursuivie, et après une brève baisse, les onces détenues par les ETF d’or physique ont remonté pour atteindre un nouveau sommet historique à la fin du mois.

L'achat des creux par le marché est plutôt rassurant.

Deux évènements notables ont ouvert la porte à la participation dans les aurifères et l’or physique de nouveau vaste pool de capitaux (les fonds de retraite américains ont 20 trilliards de dollars sous gestion) :

  • L’annonce par un fonds de retraite américain d'une allocation de 5% de leurs actifs sur l’or physique (conseillé par l’un des principaux consultants des fonds de pension des États-Unis);
  • L’achat d’actions Barrick par Berkshire Hathaway.
     

À plus court terme, le prix de l’or a été poussé par l’évolution des hypothèses de la taille et le calendrier d’un nouveau plan de relance budgétaire aux États-Unis. Ce facteur a influencé toutes les classes d’actifs et continuera de le faire jusqu’à ce que le résultat des élections américaines soit clair. Selon Ixios Gold, le meilleur résultat pour l’or serait un raz de marée Démocrate de la présidence, de la Chambre et du Sénat. Cela ouvrirait sans doute une relance budgétaire très substantielle et très généralisée.

Une nette victoire républicaine serait également positive car le parti s’est également engagé à stimuler l’économie via les finances publiques. Des résultats moins positifs seraient une Chambre et un Congrès divisés qui retarderaient sans doute un accord sur les mesures de relance ou un résultat serré et contesté qui ajouterait à l’incertitude quant au calendrier.

En restant à l’écart de ces incertitudes à court terme, il est clair que vaccin ou pas vaccin, l’économie mondiale a besoin d’une autre série de stimulus sans précédent si elle est de se remettre des effets déjà intégrés du coronavirus. Alors que l’Europe connaît déjà aujourd’hui la déflation, le message est clair que si les Etats-Unis souhaitent éviter le même sort, ils doivent agir bientôt. La lisibilité sur la taille et le calendrier de la prochaine série de mesures de relance sera le prochain catalyseur majeur pour le prix de l’or.

En ce qui concerne les aurifères, nous entrons dans une période qui sera riche en catalyseurs d’un point de vue boursier. La saison des résultats du troisième trimestre, qui commence, verra des cash flows records et de multiples hausses des dividendes. Pour la première fois depuis des décennies, les grandes valeurs aurifères donneront plus de rendement que le S&P500. Il y a une sorte de concurrence entre les majors pour voir qui peut rendre le plus d’argent aux actionnaires. Cela remplace la mode précédente visible dans le marché haussier 2009-2011 de qui pourrait réinvestir le plus d’argent dans de nouveaux méga-projets, dont la plupart avec le recul ont été massivement destructrice de valeur.

Le mois a clôturé à peu près à la mi- saison des résultats du deuxième trimestre. Malgré l'impact de Covid sur la production, l'influence de la hausse du prix de l'or sur la génération de Free Cash Flow est déjà évidente. Avec un prix de l'or encore plus élevé et moins d'effets Covid, il y a fort à parier que le troisième trimestre soit encore plus fort. Le fait que des actions de grande capitalisation comme Kirkland Lake, Agnico Eagle, Newmont et Barrick sortent enfin des zones de consolidation est un signe que les investisseurs généralistes s'intéressent enfin au secteur aurifère.


Le deuxième type de catalyseur sera les fusions et acquisitions. Il y aura probablement un nombre croissant de fusions d’égaux entre producteurs intermédiaires qui ajoutent de la taille critique, des compétences complémentaires et une plus grande diversification du risque. Au cours des derniers jours, nous avons vu la fusion d’égaux entre le numéro 3 et 4 australiens Northern Star et Saracen pour créer un nouveau membre des top 10 mondial. Les deux actions sont en hausse de 15% depuis l’annonce. Il y a beaucoup plus à faire car il est clair qu’il y a trop d’aurifères dans le monde. Leur petite taille et leur manque de pertinence pour les grands investisseurs institutionnels augmentent leur coût du capital et entravent leur développement.


Un autre problème pour les majors est leur profil de réserves en déclin. Au cours des années du marché baissier de 2012-2015, toutes les majors ont réduit considérablement leurs budgets d’exploration et de développement, réduisant leur durée de vie de réserves et soulevant le spectre d’un épuisement définitif à terme. Le processus de recherche et de mise en place de nouvelles réserves est très long et il est clair pour nous qu’une partie de la solution sera les majors qui achèteront des développeurs juniors. Nous avons déjà vu un certain nombre de transactions, principalement par les majors chinoises qui ont acheté au cours de la dernière année Continental Gold, Cardinal, TMAC et Guyana Goldfields. Ces petites entreprises se négocient souvent à des décotes énormes à la valeur intrinsèque permettant aux Chinois de payer des primes très importantes au cours actuel des actions tout en obtenant un deal non dilutif.


Il y a beaucoup plus à faire et les Chinois seront bientôt rejoints par leurs pairs occidentaux dans la course pour remplacer les réserves.


Sur le plan de la valorisation, le secteur reste aussi bon marché qu’il ne l’a jamais été sur à peu près toutes les mesures. Le marché reste méfiant à l’égard du fait que la récente flambée de discipline et de retour de cash est temporaire et qu’une hausse du prix de l’or entraînera un retour aux mauvaises habitudes du passé. Le scepticisme du marché est compréhensible, mais il peut également être vu comme étant déplacé. Il y a fort à parier que l’expérience de mort imminente subie par de nombreux mineurs en 2014-2015 a conduit à un changement radical de la philosophie de gestion qui ne sera pas inversé. Dans ce cas, les aurifères pourraient être l’affaire de la décennie.

Source : IXIOS Gold.

Trop tard pour aller sur l'or et les mines d'or suite à la hausse récente ? Peut-être qu'il y aura de meilleurs points d'entrée, notamment si l'on rentre dans une phase de risk-off avec renforcement du dollar américain.

Mais lorsque l'on compare l'or aux indices boursiers, ce n'est pas si mal semble-t-il :

Andy BUSSAGLIA est conseiller en gestion de patrimoine depuis plus de 10 ans.

Il est associé-gérant du cabinet Family Patrimoine à Meylan, près de Grenoble.

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