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Faire tapis sur les minières aurifères.

Je commencerais cet article en indiquant que ce texte a vocation à s'adresser à des investisseurs avertis, que tout ce qui est écrit ci-après ne constitue en aucun cas un conseil un investissement, bla, bla, bla, ce n'est que mon avis strictement personnel, bla bla, bla, je ne pourrai en aucun cas être tenu responsable de pertes que vous pourriez réaliser en investissant sur les instruments évoqués dans cet article, qui comportent par nature un risque important de perte en capital, bla bla bla, vous connaissez le disclaimer habituel.

J'écris ces lignes suite au constat de voir les taux US et le USD rebaisser, avec un cours de l'or en forte baisse également, ce qui constitue une inversion de la corrélation habituelle entre ces classes d'actifs. Voici une belle anomalie de marché et un excellent point d'entrée / consolidation sur la classe d'actifs des minières aurifères.

Rappel : pour éviter armageddon en 2008, des politiques monétaires ont été menées à des niveaux extrêmes tout au long de la dernière décennie. Rien qu'en Europe, Mario Draghi sort de son chapeau 30 milliards d'euros tous les mois pour alimenter le système financier (nous étions sur un rythme de 80 milliards d'euros par mois au plus haut de son programme).

Effets collatéraux : Tout est extrêmement cher (cf. niveaux de valorisation de long terme Shiller, Hussman) en regard des niveaux de valorisation historiques.

Aveuglement collectif terrible face au risque systémique :

En 2018, nous rentrons dans une nouvelle phase, dans laquelle les banquiers centraux de la planète envisagent d'approfondir une réduction des facilités monétaires.

Toute la question est de savoir comment les marchés financiers vont se comporter en fonction des scénarios de resserrement, et quelles classes d'actifs seraient à privilégier au regard des scénarios les plus probables.

Ces derniers jours, les spéculations concernant un resserrement monétaire plus rapide que prévu ont resurgi.

Le discours du nouveau patron de la Réserve fédérale, Jérome Powell, a semé le doute. Les craintes d’une quatrième hausse de taux en plus dans l’année sont réapparues.

Si on interprète correctement l'évolution des marchés obligataires, on peut dire que le marché price 4 hausses de taux en 2018, puis 4 hausses de taux en 2019. Au regard des cours de l'or, interprétés en tant que valeur refuge, aucun risque pricé par les marchés à cet horizon.

En dehors du fait que je trouve aberrant que personne ne s'inquiète de l'effet d'une hausse de taux de 200 pb à horizon 2019 sur la stabilité financière globale (notre endettement public/privé all time high, le déchaînement de la communauté spéculative mondiale sur les dérivés de toute sorte, la capitalisation globale du marché du crédit et des bonds), je pense que nous sommes dans un moment inédit, les cours de l'or pâtissent à la fois du sentiment "bullish", et de la concurrence de la remontée de taux (ou en tout cas son anticipation).

Mon propos ne consiste pas à anticiper une baisse des marchés.

Sans parler de scénario catastrophe, qui arrivera forcément à un certain stade à force de repousser les problèmes à plus tard, une simple atténuation de l'anticipation du rythme de remontée de taux devrait être extrêmement favorable à l'or (et donc aux minières aurifères), puisque bénéficiant de trois moteurs (non exhaustifs, mais ce sont ceux qui me semblent les plus importants actuellement) :

  • Moindre concurrence des taux du fait d'anticipations de remontée de taux modérée ; et hypothèse d'un cadre d'assouplissement monétaire accru généralement favorable à l'or.
  • Rôle de valeur refuge en cas de révision d'une politique monétaire laissant entendre que l'économie va moins bien que prévu, et que le malade n'est finalement pas prêt à marcher sans les béquilles. L'impact sur les marchés actions / autres actifs risqués est plus incertain. Une pause dans le changement de politique monétaire peut inquiéter, tout comme il peut renforcer l'attrait des actions et autres actifs risqués par l'effet "bad news is good news" car anticipation accrue de liquidité, et par l'exercice du "put banques centrales".
  • Protection contre une éventuelle poussée inflationniste, mais dans une certaine mesure : une reprise d'inflation modérée ne devrait pas être bonne pour l'or, puisque appelant une poursuite de la remontée des taux par les banques centrales, entraînant une concurrence accrue du marché obligataire (ce qui s'est passé dernièrement). Par contre, une vraie poussée inflationniste, comportant une force considérablement supérieure aux attentes de marché, pourrait se révéler excellente pour l'or, traditionnellement corrélé à l'inflation sur les longues périodes, en plus de répondre à l'effet de panique induit par une perspective de forte remontée de taux.
Nous sommes typiquement dans une phase où l'attrait des minières aurifères se renforce : le risque d'upside est très élevé, alors que le risque de downside est probablement en grande partie derrière nous : il y a beaucoup plus à gagner qu'à perdre. Je parlerais de risque asymétrique.

C'est vraiment parfait. C'est l'actif détesté par excellence. La communauté spéculative mondiale, les institutionnels : tous sont à l'écart de la classe d'actifs. Personne ne regarde. The investment opportunity of a lifetime.

...A condition d'être patient.

Le timing ne devrait pas être trop mal :

Le pari contre le dollar est un peu encombré... Préférez peut-être des parts non hedgées contre l'effet de change, au moins pour une partie de la position, de manière à profiter d'une éventuelle hausse du dollar.

Sur ce point, de nombreux éléments ont milité pour la baisse du dollar, et détenir des parts hedgées, comme recommandé lors de nos précédents articles, a jusqu'à maintenant fait du bien.

On ne peut pas exclure la possibilité qu'en cas de taux plus élevés et/ou scénario risk-off, le dollar joue au premier rang son rôle de valeur refuge... Ce qui pourrait être défavorable à l'or et aux minières aurifères pendant un temps, surtout sur les parts hedgées contre dollar !

Mais il se pourrait que les choses changent.

La quantité de bons du trésor US sur le marché va doubler sur 2018/2019, avec un trillion de dollars en circulation en plus par rapport à maintenant, en raison des perspectives combinées de resserrement monétaire de la FED (quantitative tightening), et de prévisions de déficit budgétaire US accru (réforme fiscale de Trump).

Ces bons du trésor US devront être refinancés dans un univers attendu de taux plus élevés, de sorties de politiques monétaires accommodantes, du souhait de détenteurs historiques (Chine) de diversifier leurs réserves de change.

Des quantités très importantes d'obligations investment grade et high yield vont également arriver à maturité.

Cela représente un risque significatif. Si la demande pour le US fixed income ne double pas au cours de ces prochaines années, alors les taux longs US devraient augmenter de manière importante, ce qui aurait pour effet collatéral de faire monter les spreads de crédit et faire baisser les marchés actions. Le dollar pourrait baisser. Ou jouer son rôle de valeur refuge et monter. Who knows ? En tout cas, les élastiques, déjà tendus, sont amenés à se tendre encore plus.

Enfin, pour finir sur les minières aurifères... Au delà du titre provocateur, on ne peut que recommander de lisser son point d'entrée, travailler son cours d'achat, et garder de la trésorerie pour saisir des opportunités en cas de changement de configuration de marché.

Andy BUSSAGLIA

Ces propos n’engagent que son auteur.

Vous devez toujours garder à l'esprit :

• que l'investissement peut impliquer un risque important ;

• que le rendement de tout instrument financier mentionné sur ce site Internet peut être volatil et peut évoluer à la hausse comme à la baisse;

• que les performances passées ne préjugent pas des performances futures ;

• que les taux de change peuvent avoir un impact sur la valeur des investissements ; et

• que si vous avez des doutes concernant toute Information, vous devriez consulter votre conseiller professionnel indépendant.

Nous vous rappelons que les unités de comptes présentent un risque pour l'épargnant : en cas de baisse des marchés, la valeur du contrat peut, selon les supports choisis, également baisser ; l'épargnant peut retrouver un capital global inférieur à l'épargne versée.

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